Présentation

En matière de préambule...

 



  Henri Peyre et Catherine Auguste - Légumes sur une table de pierre (2014)

 

 

 

"Nous travaillons à deux. Jeunes, nous avons fait les Beaux-Arts de Paris. Catherine en sculpture, et moi en peinture. Je dessinais bien. Mais à l’époque, il fallait être abstrait. Le dessin était quasiment interdit. C’est ainsi que je suis devenu, pourtant en travaillant comme un fou, un peintre raté. Catherine a fait des meubles uniques et est devenue une championne du motif décoratif, sujet sur lequel elle a publié une bonne dizaine de livres. Je me suis rabattu sur la photographie, qui a fini par devenir numérique et quelque chose avec quoi on pouvait tout redessiner. A un moment, c’était mûr : j'ai senti que la photographie pouvait finalement devenir de la peinture figurative.

Nous avons alors repris et étudié tous les codes et les motifs des artistes de la grande tradition européenne de la nature morte. Nous avons monté des sujets et travaillé la lumière jusqu’à obtenir ces images. L'objectif a été la confusion entre la photographie et la peinture.

Si vous trouvez que nos photographies sont aussi belles que des peintures, nous avons réussi.

Nous aimons le thème de la nature morte parce que, contrairement à ce qu’a toujours annoncé la tradition de la peinture, c'est à notre sens non le sujet mineur, mais le sujet majeur de la figuration. Dans une nature morte, l’Homme est absent. Il ne reste que des traces de lui. On ne connaît ni le pourquoi, ni la gravité de son absence. La nature morte parle ainsi de la solitude, de l’amour absent et, au fond, de la mort. Toute la condition humaine.

Nous revendiquons la beauté. Absurdement, et par mode, les artistes ont feint pendant des dizaines d’années de la mépriser. Mais, dans leur vie d’homme et de femme, ils ont continué de choisir voiture, maison, conjoint en y faisant référence. Leur pose même, contre la beauté, était finalement esthétique.

Qu’est-ce que la beauté ? C’est quelque chose d’assez simple à comprendre, au contraire de ce qu’en dit Kant. On la comprend bien si on pense au rire : un homme marche dans la rue, il glisse sur une peau de banane et tombe. On rit. Plus il marchait de façon solide, sûre d’elle-même, et plus, quand il tombe, on rit. On rit quand, brutalement, une certaine sorte de logique, qu’on avait comprise, laisse la place à une autre, et que, de notre point de vue, il y a une brutale dégradation. La péjoration brutale du point de vue conduit au rire.

La beauté marche comme le rire, mais à l'envers : elle apparaît lorsque nous sommes convoqués à un brutal changement de point de vue mais cette fois mélioratif : par exemple, le banal devient grandiose.

Pour convoquer la beauté, nos images proposent ainsi quelques articulations de points de vue :

- Ce sont des photographies mais elles ont l’air de peintures.

- Elles ne montrent que des objets, mais on y parle uniquement de l’Homme.

- Elles présentent des chaos d’objets, mais on sent la rigueur extrême de leur composition.

- Elles ont l’air ancien mais présentent la jeunesse des matières neuves.

Autant de surprises qui, en suggérant au spectateur de brutales améliorations de point de vue, convoquent la beauté et font, du coup, l'effet mystérieux des chefs-d’œuvre."

Henri PEYRE

 

 

 


Henri Peyre et Catherine Auguste - Mandoline, flûte et fruits (2017)

 

Henri Peyre et Catherine Auguste - Nature morte au crabe (2018)

  

 

   

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Manifestations récentes

 

2019

Château de Villandry

Natures mortes au jardin

Printemps 2019

 

 

2018

 

MAAP - Musée d'Art et d'Archéologie de Périgueux

A la table des jours

du 18 octobre 2018 au 25 février 2019

Château de Valençay

Tables de fêtes - Octobre-novembre 2018 puis Fêtes de fin d'année 2018

Couverture du livre

La très belle et très exquise Histoire des Gâteaux et des Friandises de Maguelonne Toussaint-Samat (2ème édition)

Le Pérégrinateur - Toulouse

 

 

 

2016

Nuit des Musées, Musée de l’Oeuvre Notre-Dame, Strasbourg - Exposition de natures mortes conjointes aux natures mortes de Sébastien Stoskopff

Musée de la Photographie de Graçay, Eté 2016

 

 

Couverture Cahiers ERTA, Nr 6 : La Nature Morte

 

Cahiers ERTA, revue publiée par les soins de l’Équipe de recherches en théorie appliquée à l’Université de Gdansk (Pologne) a consacré son sixième numéro à la nature morte et nous a fait l'honneur de sa couverture.

Wydział Filologiczny Uniwersytetu Gdańskiego - ISSN 2300-4681